
Comment le tatoueur parisien Maxime Grehier a interprété Envol
Les collaborations artistiques sont rares dans la parfumerie de niche, et encore plus rares lorsque la commande n’est pas de décrire une odeur, mais de la ressentir.
C’est exactement ce qu’Écrit et Parfum a demandé à Maxime Grehier, tatoueur parisien, peintre et fondateur du studio collectif Rayon Noir, en lui présentant Envol : un parfum de niche d’inspiration coréenne, enraciné dans l’univers littéraire de Yi Sang.
Voici comment un parfum devient un langage visuel.

Entretien avec Maxime Grehier : Douze ans de précision entre encre et architecture
Q. Pourriez-vous vous présenter ?
R : Je m’appelle Maxime Grehier et je suis artiste depuis douze ans.
Mon parcours a commencé à l’École Boulle, où j’ai étudié l’ébénisterie. C’est là que j’ai développé le style de dessin géométrique qui reste central à mon travail aujourd’hui, visible aussi bien dans mes tatouages que dans mes toiles.

Q. Pourriez-vous nous en dire plus sur votre studio ?
R : Nous sommes chez Rayon Noir, le studio que j’ai fondé il y a quatre ans.
C’est un collectif de tatoueurs, mais c’est plus qu’un simple salon de tatouage. C’est là que j’ai mon atelier personnel ; c’est mon espace de travail principal.
J’y passe beaucoup de temps à travailler sur mes peintures, mes pièces en bois et les sculptures que je crée en parallèle.

Q. Quels sont vos endroits ou quartiers préférés à Paris ?
R : Mon endroit préféré, par défaut, est ce studio, simplement à cause du temps que j'y passe.
Mais en dehors de mon studio, je suis vraiment attiré par le 13e arrondissement, notamment autour de la Bibliothèque François Mitterrand. Je trouve ce quartier très moderne, presque futuriste, mais il ne ressemble pas aux gratte-ciel d'entreprise de La Défense. L'architecture est vaste, et il y a un réel sentiment d'espace.
J'aime aussi la Bourse de Commerce. Le travail que Tadao Ando a fait à l'intérieur est incroyable. Il y a quelque chose de profondément apaisant à se tenir au centre de cette architecture.
Q. Que vous évoque cette Eau de Parfum Envol et quelle odeur a-t-elle pour vous ?
R : Elle évoque quelque chose de très frais.
Pour moi, ça sent les « beaux quartiers » de Paris. Cette odeur spécifique que l’on perçoit dans la rue des gens qui prennent soin d’eux. C’est très chic.
Et cela me rappelle en fait le parfum que portait ma mère quand j’étais enfant. C’était une femme très élégante, et à l’époque, ses parfums étaient toujours très vifs et frais. Elle porte des parfums plus fruités maintenant, mais celui-ci me ramène immédiatement à mon enfance. Il partage une âme avec le parfum « Envol ».

Q. Vous avez conçu cette œuvre magnifiquement équilibrée après avoir senti Envol. Comment avez-vous abordé la conception et les visuels de ce parfum ?
R : Je me suis beaucoup inspiré du travail de Yi Sang, notamment de ses études architecturales. Je voulais capturer ces formes pures, brutes – des formes qui semblent lourdes et pourtant légères par contraste.
J’ai appliqué les mêmes techniques que j’utilise en tatouage : jouer avec la nuance entre les lignes fines et les traits audacieux, et équilibrer des dégradés très clairs avec des plus sombres.
Yi Sang parlait beaucoup de légèreté, de vide et d’espace. C’est exactement ce que j’ai essayé de recréer visuellement autour de ce parfum.

